J'ai grandi en France et enfant j'ai testé tous les sports. Mais le tennis c'est celui qui m'a vraiment portée. J'ai joué pendant des années et j'ai même été championne.
À 17 ans j'ai mis le voile. Et là tout s'est compliqué. Au club je ne voulais plus mettre la tenue avec la jupe du clubhouse. Du coup j'ai dû tout arrêter d'un coup. Ma passion du jour au lendemain.
Le pire c'est que je ne voulais pas non plus lâcher mon style. Il était très sportswear. Mais une fois voilée j'ai mis des abayas comme tout le monde. Et ce n'était pas moi. Je voulais porter des vêtements qui me ressemblent.
Après je me suis installée en Égypte. J'ai vu que beaucoup de filles voilées portaient toujours les mêmes tenues. Puis j'ai fini par m'installer au Maroc. Là j'ai parlé avec des filles qui m'ont dit un truc que je n'oublierai pas. Comme elles ne trouvaient pas leur style elles empilaient des couches de vêtements juste pour que ça passe un peu. Et là j'ai compris que je n'étais vraiment pas la seule.
J'ai cherché pendant des années. Pendant 4 ans j'ai même vendu des abayas et des khimars. Des tenues modestes mais pas faites pour le sport. Je n'en mettais pas moi même. Je n'aimais pas ce que je vendais mais il n'y avait que ça.
Et pendant tout ce temps le tennis me manquait. Les médailles. La compétition. Même le bruit de la balle qui tape sur la raquette.
Un jour mon mari m'a demandé « Mais pourquoi tu ne ferais pas des vêtements de sport ? ». Cette phrase m'a renvoyée direct à mon problème d'ado. Alors je m'y suis mise. Mais je ne voulais pas lancer ça n'importe comment. Je me suis renseignée sur tout. Le branding. L'ADN de la marque. Et c'est comme ça que MRAAJ Active est née.
Chaque vêtement je l'ai testé moi même avant de le mettre en vente. Et plus de 10 ans après je reprends le tennis.